Bonjour je suis Sauza et je suis passionné d’imaginaire, et j’ai décidé de partager mes petits romans écris à ma façon avec vous. Voici le premier, en espérant que ça vous plaira.

Petite précision avant de commencer la lecture les phrases écrites entre parenthèses représentent ce que les personnages pensent.

 

Chapitre 1 : La marche renseigneuse

 

 

Nous sommes au milieu du mois de Septembre. Kimberley est en retard comme d’habitude pour retrouver sa bande de copines. Après avoir passé des vacances assez ennuyantes, elle est la dernière à être revenue. A peine rentrée dans la maison de Tiphanie, Kimber changea de démarche. Elle adopta donc les attitudes d’un mannequin pour entrer dans la chambre de son amie, là où se trouvent Kahina et Claire, qui se mettent à rire tout de suite. Puis elles se mirent à s’embrasser et à se raconter leurs vacances.

Chacune rivalise de créativité pour embellir les siennes. Kimberley qui passa ses vacances dans son pays d’origine qui est la Croatie, collée à son père qui est très protecteur et qui y vit. Les seuls jeunes hommes qu’elle a pu approcher là-bas furent ses cousins. Pourtant elle dit à ses amies qu’elle passa son temps dans les boîtes les plus branchées de Zagreb ». Après avoir discuté, Kim qui est la meneuse du groupe, entraina les autres dehors pour une balade. Puisque seules elle et Tiphanie iront en boîte le soir, il fallait absolument  qu’elles croisent des garçons ensemble. Sur le chemin, une conversation s’engagea sur les beaux gosses de leur entourage.

Claire : Pour moi le plus frais de la ville c’est Ray. Il est trop beau.

Kahina : Non je préfère Yassine ou à la limite Sofiane.

Tiphanie : Elle dit toujours les maghrébins mais elle ne sort qu’avec des noirs. Mais j’avoue Yassine n’est pas mal même s’il a des joues creuses, on dirait  qu’il n’a pas mangé depuis deux mois.

Kahina : Les rebeus sont les plus beaux ! Mais il y’a des beaux gosses  partout.

Kim : Oui, oui ! En fait vous avez vu Arsène ces jours-ci ?

Claire : Arrête avec celui-là, en plus il n’est pas très beau parle plutôt de Ray.

Kahina : Arsène le charisme en personne !

Claire : Il était dans la classe de mon grand frère en troisième et à ce qu’il paraît toutes les filles étaient sur lui mais moi je le trouve banal.

Kim : Ouais je me rappelle on était en Cinquième à cette époque et lorsqu’on entendait parler des troisièmes, c’était toujours de lui qu’il s’agissait.

Tiphanie : Il y’a quatre ou cinq mois je l’ai croisé, et c’est vrai, il a trop de charme.

Kim : Trop de charisme dans le regard. J’ai l’impression qu’il voit à l’intérieur de moi quand il me fixe. C’est trop flippant mais excitant en même temps.

Claire : De quoi tu parles ?

Kim : L’excitation qu’il provoque surpasse ma peur (elle se met à rire)

Claire : Laisse tomber, même mon frère ne le voit plus. Personne ne sait ce qu’il fait. C’est comme s’il ne vivait plus ici. Tu le croises seulement de temps en temps. Personne ne traîne avec lui, ou plutôt il ne traîne avec personne. Pourtant avant c’était un vrai bruyant.

Kim : Je m’en fous, c’est mon mari même s’il est invisible. Quand je vais passer devant lui avec mes meilleurs habits, il va craquer si ce n’est déjà le cas.

Tiphanie : Moi, déjà je m’en fiche de lui, j’ai mon homme.

Kim : Dès que l’occasion se pointera tu vas le tromper.

Tiphanie: Peut-être mais, je sais qu’au fond c’est lui le meilleur.

Claire : En plus il a été élu l’homme le plus beau du lycée au bal.

Tiphanie : En plus, il est intelligent et gentil.

Claire : Trop gentil, c’est pour cela que tu l’écrases comme un cafard.

Tiphanie : Mais non je ne l’écrase pas. Je lui montre simplement qui est la patronne.

Elles se mirent toutes à rire.

Claire chuchota alors : «Regardez, il y’a les mecs de la cité. »

Face à eux se rapprochèrent un groupe de jeunes hommes la plupart était dans les mêmes classes au collège que les filles. Plus ils se rapprochaient et plus les cœurs  des jeunes bachelières tremblaient. Parmi eux il y’avait un jeune homme qui s’appelait Jason, le pire ennemi des filles de la ville, un garçon qui à lui seul avait tous les défauts : il était moche, bête, menteur, injurieux et insolent.

Les deux groupes se retrouvèrent face à face, ils se serrèrent la main pour se saluer, sans vraiment se regarder dans les yeux. Lorsqu’ils se séparent on entendit une voix qui cria « Eh, Kahina et Kimberley ! C’est pour quand la partie à trois que vous m’avez promise? » C’était encore une provocation de Jason.

Kahina répondit avec colère « C’est ta mère la partie à trois.»

 

Toutes les autres le regardèrent avec colère, et Kimberley dit alors à voix basse.

« Je veux bien une partie à trois mais sans toi et sans une autre fille. »

Elles recommencèrent à rire.

Kahina reprit en disant  « Toute sa vie, il a essayé de sortir avec nous celui-là ! »

 

Kim : Mais t’es pas au courant, tu vois le pote de Moussa qui habite en haut de chez moi. Il s’appelle André, c’est un malade, il est carrément obsédé par moi ! Il m’envoie des poèmes trop nuls pour que je sorte avec lui ! Il a jeté sa fierté par la fenêtre ce sale con !

Claire : Le pire c’est ce qu’a fait Aaron pour moi. Il m’a acheté une bague Atlante à quatre cent euros ce canard, alors que je ne sortirai jamais avec lui.

 

Kimberley rigolait intérieurement à ce que son amie  Claire venait de dire car elle se souvenait qu’elle lui avait parlé d’un autre garçon lui ayant offert une bague Atlante qui coutait quatre cent euros. Exactement le même prix que la bague que lui aurait soit disant offert Aaron. Elle hésita à lui demander si elle ne s’était pas trompée de nom, puis y renonça.

 

Tiphanie dit elle aussi : Il y’a un gars qui m’a proposé de quitter mon copain en échange de quoi il m’achètera une voiture !

Kimberlay : C’est qui ?

Tiphanie : Un vieux, je crois qu’il avait au moins trente ans. Je l’avais rencontré à un mariage. Il m’a draguée et m’a fait cette proposition bizarre ; je ne sais pas si c’était vrai mais en tout cas il avait l’air sérieux ce malade!

Elles se mirent encore une fois à rire.

 

Kim : Il m’était arrivé la même chose ! J’me baladais à Paris et un daron qui ne parlait pas français, je crois que c’était un russe, m’a dit qu’il m’offrait les clefs de sa maison à Paris si j’acceptais de devenir sa femme de France. Comme ça quand il vient en France, il le fait avec moi. Je ne sais pas pour qui il m’a prise celui-là ! Je ne suis pas une escorte !

Claire : Comment a-t-il pu t’expliquer tout ça alors qu’il ne parle pas français ?

Kim : Au début il essayait de parler français, mais après il a continué en Anglais.

Kahina : Oui on y croit, toi qui es  pourtant si nul en Anglais.

Kim : Vous êtes jalouse parce que j’attire les millionnaires alors que vous, même les moches de la ville ne vous regardent pas. Allez crever !

Puis elles continuèrent leurs conversations en débattant sur chaque garçon qu’elles connaissaient.

 

Chapitre 2 : Le duel invisible

 

 

 

La nuit tomba sur la ville, Kahina et Claire décidèrent de rentrer chez elles. Tiphanie et Kimberlay qui devaient sortir en boîte se mirent à se préparer.

Le fond de teint, le fer à lisser, le mascara, rouge à lèvre, toutes les armes indispensables pour être les plus belles de la soirée étaient réunies. Elles voulaient devenir ce qu’on appelle des humanoïdes. C’est le nom que l’on donne aux filles, les plus belles, le niveau supérieur de la beauté. Ce sont ces filles qui tournent dans les clips de rap et font baver d’envie tous les hommes. C’est comme si ces filles-là avaient été créées par un fétichiste de la beauté.

 

Mais une fois prête après plusieurs heures de préparation, elles doivent encore faire preuve de patience et attendre que leurs amies qui étaient censées venir les chercher en voiture à 11 h 30 arrivent. Mais, il était déjà minuit et demi et elles n’étaient toujours pas là. Nul doute que leurs préparations avaient pris plus de temps que prévu. Lorsqu’elles arrivèrent enfin, les trois jeunes femmes venant d’un autre Lycée demandèrent à Kimberley de leur faire une présentation de la future soirée qui arrivait. Kim leur expliqua alors qu’un des DJ présent à la soirée est son cousin et que par conséquent leurs places dans le carré VIP ont été assurées.

 

Elles se mirent à se raconter des blagues et à se mettre dans la peau de célébrités.

L’une dit : « Si je ne suis pas VIP je ne rentre pas. »

Kim continue en disant« Je ne me mélange pas au bas peuple, aux petites gens qui ne connaissent pas les raffinements que nous autres membres du carré VIP, voyons comme des droits naturels nécessaires pour être des personnes physiques.»

Elles se mirent à crier et à l’applaudir en riant.

Arrivées dans la boîte de nuit, elles passèrent devant tout le monde pour rentrer. La satisfaction pouvait se lire sur leur visage.

Quant à Kim qui était en tête de file extrêmement fière d’elle son regard trahissait sa suffisance. Elle avait cette capacité à relever légèrement un sourcil ce qui lui donnait un air incroyablement prétentieux.

 

Une fois installées, elles se mirent à se comporter comme de véritables princesses. Ne se levant presque jamais. Faisant tout pour ignorer tous les jeunes hommes qui les regardaient mais qui n’étaient pas dans le carré VIP. Perchées dans le coin VIP, elles se comportent toutes de manière à montrer leur supériorité, néanmoins elles s’aventurent parfois à se lever, à chanter en levant la main quand il y’a une musique qui leur plaît. Elles se mirent aussi à crier quand un célèbre rappeur entra sur la scène.

 

Néanmoins Tiphanie qui est d’humeur joviale danse sans se soucier des autres. Le célèbre Rappeur arriva dans le carré VIP après avoir terminé sa prestation son regard se posa tout de suite sur Tiphanie cette belle fille métisse au visage rond, de taille moyenne avec un corps parfaitement harmonieux et féminin. Elle  se déhanchait et semblait  très joviale.

 

Lorsque Kimberley se rendit compte de ce qui était en train de se passer, elle se leva tout de suite pour aller danser à côté de son amie. Elle essayait d’attirer l’attention du rappeur sur ses yeux noisette. Elle avait un superbe visage avec des traits fins et de sublimes cheveux blonds, elle comptait dessus pour vaincre son adversaire. Un combat entre les deux filles s’engagea, un combat caché par des rires complices et l’exposition d’une amitié exagérée. On pouvait alors parler d’une guerre maquillée, elles qui étaient si calmes les voilà dans une danse passionnée, secouant leurs hanches de manière très suggestive. Le bel artiste s’approcha alors. Plus il était prêt et plus les deux jeunes femmes étaient anxieuses.

Le combat allait enfin se terminer, on allait par conséquent savoir qui est la gagnante de ce duel. Le rappeur attrapa le bras de Tiphanie et se mit à lui parler à l’oreille puis il l’emmena à sa table. Kimberley tenta de les suivre mais elle fut stoppée par les gardes du corps.

 

 

(Putain ! Qu’est-ce qu’il veut dire ce fils de pute ? Qu’elle est plus belle que moi ? C’est moi l’humanoïde ici ! Au lycée j’ai beaucoup plus de succès que cette crasseuse ! Han ! Si elle prend une photo et qu’elle la met sur Estimate (réseau social), tout le monde saura qu’il n’avait d’yeux que pour elle et qu’il ne m’a même pas regardé ! Je suis morte ! Mais non attend ! Calme toi Kimber, il suffit juste que personne ne sache que j’étais là aujourd’hui. Nous n’avons pas encore prit de photo. Il faut que je fasse tout pour que l’on ne me prenne pas en photo !)

D’un coup un grand homme costaud arriva vers elles, et leur demanda de le suivre.

Les filles se retrouvèrent toutes à la table du rappeur.

 

Tiphanie cria en croisant les jambes, mit ses mains dans ses cheveux et dit  «  Je lui ai demandé de vous laisser  venir. ».

C’était son heure de gloire, pour quelques heures elle devenait la reine du groupe. C’était enfin elle la meneuse. Pendant ce temps ses copines la regardaient avec une jalousie qu’elles avaient du mal à cacher. Kimberley était là en se disant intérieurement. (Idiote ! Tu aurais pu avoir ton heure de gloire sauf que maintenant nous aussi nous allons pouvoir prendre des photos avec lui. Et personne ne saura que c’est seulement toi qu’il voulait !)

 

Elles prirent alors toutes des photos avec le rappeur. Mais lorsque le matin arriva, Bintou qui a un père assez sévère dit à ses copines  «  qu’il fallait rentrer avant que son daron ne se réveille ». Elles se levèrent toutes pour rentrer quand soudain le rappeur demanda le numéro de Tiphanie.

 

C’était une défaite incroyable pour Kimber, s’il devenait le petit ami de sa copine, ce serait une catastrophe pour sa réputation.

Dans la voiture, elles se mirent toutes à crier de joie, mais beaucoup d’entre elles étaient en fait en colère.

 

Arrivée chez elle, la jeune blonde ne mit pas tout de suite les photos de cette nuit spéciale sur les réseaux sociaux, préférant attendre ce qui allait se passer. (Est-ce qu’il va la rappeler ou pas ? Si je mets les photos maintenant et qu’elle devient sa meuf, tout le monde saura qu’elle a plus de côte que moi. Alors que s’il ne la rappelle pas, étant donné qu’elle a un mec elle ne dira jamais à tout le monde qu’elle a donné son numéro à un autre mec même si c’est une star. Pour ne pas perdre son vieux chéri pour rien. Bon, en attendant je vais aller sur Estimate.)

 

Estimate est le réseau social à la mode. Presque 80% des jeunes Français y sont inscrits. Son mode de fonctionnement est le suivant.

Vous avez un profil  où vous mettez des photos qui peuvent être commentées par tout le monde mais à chaque fois qu’on clique sur une de vos photos ou qu’on entre sur votre profil, c’est comptabilisé et avec ces données, on réussit à obtenir une moyenne qui va de zéro à cent. Cette moyenne s’affiche tout en haut de votre profil et est donc visible par tous.

 

Certains donnent l’impression de ne pas s’en occuper mais tout le monde connait sa moyenne et celle de ceux de son entourage.

 

 

 

Elle se connecta donc sur Estimate et tomba sur des photos qu’elle ne regarda pas avec grande attention, puis soudain elle tomba sur un nouvel album photo créé par une de ses amies qui était en boîte. (Putain j’avais oublié les autres ! Elles aussi peuvent mettre les photos et me gâcher la fin des vacances.)

 

Elle regardait les photos une par une et les commentaires qu’il pouvait y avoir. Elle vit alors qu’aucun hashtag ne mentionnait le fait qu’il lui avait demandé son numéro.

Lorsqu’elle sortit du compte de cette fille elle tomba directement sur une photo que  Tiphanie venait de poster où elle est avec le rappeur et ce avec le hashtag suivant : «  Devinez qui a voulu me gérer ? »

 

Kimberley se mit à paniquer.

(La salope, elle n’a même pas attendu le soir pour la mettre. Il est sept heures du matin et elle a déjà ouvert sa bouche ! J’avais oublié que son mec, c’est un con, elle va lui raconter des histoires et il va tout avaler. Malgré le fait que toutes les filles la surveillent pour lui voler son mec, elle se permet  d’écrire des choses comme ça. Il ne manquait plus que ça ! Sa note sur Estimate va passer de 81 à 92 peut être qu’elle va même atteindre le 97 et devenir officiellement une humanoïde. Et moi, je serai écrasée.)

 

Paniquée, elle n’attendit même pas le lendemain pour parler avec Tiphanie, il fallait absolument qu’elle enlève ça avant que tout le monde ne se réveille. Donc elle l’appela. Mais celle-ci ne décrocha pas.

(Dépêche-toi de décrocher ! Tu viens juste de mettre des photos, donc ne fais pas celle qui dort !) Elle recommença donc une seconde fois et enfin la jeune métisse décrocha.

Tiphanie : Ouais quoi ? Tu ne dors pas encore ?

Kim : Non mon bébé. Bref, j’ai vu que tu as mis ta photo de ce soir et t’as même précisé qu’il t’avait demandé ton numéro. Tu abuses ton mec va te tuer !

Tiphanie : Mais non, il va s’énerver un peu, mais je crie plus fort que lui.

Kim : Tu lui manques quand même beaucoup de respect ! Un jour il va craquer et te jeter !

Tiphanie : Je le connais mieux que toi, je te dis que ça va passer !

Kim : Moi je te dis ça pour ton bien ! Donc ne me parles pas comme ça !

Tiphanie : Merci de te préoccuper de moi mais ça va aller. Je suis fatiguée je vais dormir.

Kim : Ok. Mais réfléchis à ce que je t’ai dit tout à l’heure, il ne faut pas que tu ailles trop loin ça reste quand même un mec bien, ne l’humilie pas !

 

Elle laissa tomber et elle aussi se laissa submerger par la fatigue après cette soirée riche en émotion.

 

 

 

 

Le lendemain elle se réveilla à 15h, alla directement sous la douche, on ne sait jamais qui peut venir sonner à l’improviste. Etant donné qu’elle a une réputation de bombe, elle ne pouvait pas se permettre de dégager la moindre odeur,  ni laisser quelqu’un la voir sale. Au risque de perdre une notoriété si durement gagnée.

Et à peine lavée, elle sauta sur son portable et s’enferma dans sa chambre. Elle avait reçu  seulement deux messages, mais aucun d’entre eux n’était intéressant. Un venait de son opérateur téléphonique et l’autre d’une de filles de la soirée, aucun message masculin. Ce qui eut bien le don de l’énerver.

Elle alla ensuite sur Estimate pour voir comment avait évolué la situation qu’elle avait laissée la veille. Ce qu’elle y vit alors la mit dans tous ses états. Son amie avait atteint la note de 84. La plupart du temps une photo attire les gens sur un profil pendant les trois premiers jours de sa publication, après, il devient plus difficile qu’elle donne des points. Si tu ne mets pas de photo pendant un certain temps, ton profil est moins regardé et ta note diminue.

 

Kimberley se mit à réfléchir (bon il reste deux jours, et vu le peu d’amis qu’elle a,  elle ne pourra pas augmenter de plus de 4 points ainsi elle ne me battra pas. Mais si elle les atteint, elle sera juste derrière moi avec ses 88 points, moi et mes 89 points, elle nous aura bien inquiétées la conasse.)

Elle alla ensuite espionner les comptes de ses anciens petits copains et de tous les garçons qu’elle trouve beaux. Elle vérifia bien qu’il n’y a aucune nouvelle petite copine qui lui a volé sa place.

 

Chapitre 3 : La Diva

 

 

 

 

Sa mère vint toquer à sa porte pour lui demander de sortir, elle lui répondit  qu’elle arrive. Mais dix minutes plus tard, elle n’était toujours pas là, sa mère était très  énervée par ces comportements. Cela faisait presque vingt-quatre heures que sa fille n’avait pas mangé,  elle préférait donc privilégier son portable à son estomac, ce qui lui paraissait totalement fou.

 

Au bout de vingt minutes, elle sortit de sa chambre et alla manger. A côté d’elle se trouvait sa petite sœur qui elle, prenait son goûter. Elle avait 11 ans et physiquement, elle ressemblait à une petite version de Kimberley. Son prénom est Natacha. Et connaissant les points faibles de sa grande sœur, elle lui dit : « Eh, t’as vu Tiphanie, c’est un humanoïde, elle ne gère  que les stars ! Et toi t’étais où pendant ce temps ? »

 

 

Kimberley : Me parle même pas de cette histoire ! En plus depuis que certaines personnes se sont fait draguer, elles pensent que la pluie ne peut plus les mouiller. Sérieusement, elle se prend vraiment pour un humanoïde celle-là !

 

Natacha se mit à rire et dit «  Ne sois pas jalouse, en tout cas moi dans mon collège, c’est moi la plus fraiche. »

 

  • Maintenant que tu es au collège sache que des boutons vont te sortir du visage et tu seras la plus moche.
  • T’es mauvaise, moi je te taquinais, c’est toi la plus belle pour moi.
  • Je sais, je sais. Non plus sérieusement je suis sûre qu’il ne va pas la rappeler donc elle fait du bruit pour rien.
  • Eh attend j’avais presque oublié de te dire ; la petite sœur de Glheen, m’a dit qu’il est parti vivre en Australie.
  • C’est vrai ? Pourtant il n’a rien signalé sur Estimate ! Je vais mener ma petite enquête sur Estimate tout à l’heure. Mais il faut que je le dise à …

 

La mère de Kimberley qui les écoutait discrètement lui coupa alors la parole et lui dit «  Ne mêle pas ta petite sœur dans tes histoires, si tu as envie de passer  toute ta vie à parler des autres, fais-le ! Ne te sert pas de ta sœur comme espionne pour tes bêtises ! »

 

 

Kimberley retourna dans sa chambre  où elle prit sa tablette et surtout pour être plus à l’aise. Elle y resta pendant presque six jours. La seule fois où elle sortit fut pour aller s’inscrire à la fac.

Le septième jour, elle se décida enfin à sortir de chez elle pour parler avec Claire son amie, une belle fille noire avec une  peau foncée et un corps extrêmement fin.

 

Elles se baladaient  alors dans la ville, quand elles décidèrent d’aller au super- marché.

Le supermarché de la ville est à proximité de la plus grande cité HLM. C’est l’endroit le plus fréquenté à la fois par les jeunes du quartier qui s’y réunissent souvent, mais aussi par ceux qui viennent faire leurs courses. Elles l’avaient surnommé la vallée de la mort bien que personne n’y soit jamais mort. Un lieu où tu pouvais croiser tes anciens petits copains, tes pires ennemis, les plus beaux de la ville, les plus moches, les plus âgés et les plus jeunes.

 

Lorsqu’elles arrivèrent, il y’avait justement foule, nous étions au milieu du mois de Septembre.

C’était un jour ensoleillé et Kimberley avait un body noir et un short en jean avec un bob noir et de petites baskets noir assez féminines.

Elle est affolante, tous la détestent mais tous l’aiment à la fois. Elle est dangereusement charismatique, ils la regardent tous du coin de l’œil. Mais comme tout le monde la connaît et elle connaît tout le monde, personne ne la draguera. Tous savent que celui qui ratera son coup, en plus de se faire stopper sans le moindre ménagement, se verra devenir la star des perdants, la machine à râteau aux yeux de tous.

Effectivement, inutile de compter sur Kimberley pour garder une tentative secrète. Toute la ville sera au courant, ce qui fera encore plus parler d’elle et la rendra encore plus suffisante qu’elle ne l’est déjà. Seuls les fous et ceux qui n’ont plus rien à perdre osent encore lui faire des avances.

Les plus petites la regardaient avec admiration, on pouvait voir que certaines s’inspiraient d’elle dans ses manières et dans son style vestimentaire. Elle  fit à ses petites fans un petit signe de la main accompagné d’un petit sourire, il en fut de même pour quelques garçons qu’elle  connaissait. Avec son ami Claire qui était assez belle pour marcher avec elle mais pas assez pour lui faire de l’ombre, tous les regards étaient braqués sur elle, personne ne lui arrivait à la cheville.

 

 

 

Lorsqu’elles entrèrent dans le centre commercial elles se mirent  à discuter sur ceux qu’elles avaient croisés en venant.

Claire commença en disant  «  Nous n’avons que des moches dans cette ville »

  • Je te jure, ils sont tous plus crades les uns que les autres.

 

  • Après ils s’étonnent que les meufs de la ville ne les regardent pas.
  • Ils ont le charisme d’une paire de Ballerine et ils font plus de bruit qu’une paire de talon.

Elles se mirent à rire puis Claire dit «  Sinon comment s’est passé ta semaine ? Personnellement, je n’ai rien fait à part dormir et aller sur Estimate. »

  • Moi toute la semaine j’étais occupée, franchement, ça m’a bien fatiguée. Soit j’étais à la salle de sport, soit je faisais des tours en voiture avec un pigeon dépanneur qui pense que je l’aime.
  • Mais pourquoi à chaque fois que je me connecte sur Estimate tu y es aussi ? Mais tu ne répondais pas aux messages.
  • C’est parce que ce pigeon me soûlait. Il passait son temps à raconter sa vie, donc pour ne pas mourir d’ennui je me connectais de temps en temps. Il n’y a que quand on entrait dans un magasin que je le trouvais passionnant, il m’a achetée une paire de Balenciaga et des lunettes Louis Vuitton. Parfois j’avais envie de lui dire ta gueule, verse l’argent c’est tout !
  • Ah la la les pigeons dépanneurs ce n’est plus ce que c’était !
  • En parlant de pigeon dépanneur, comment se passe la relation entre Tiphanie et sa star qu’elle affiche partout ?
  • Elle m’a dit qu’il ne l’a pas appelé.
  • Dommage pour elle. Mais bon je pense que ce n’est pas bien de sortir avec un rappeur. Il risque de lui vendre du rêve pour la jeter comme une merde après.
  • En plus je trouve qu’elle commençait déjà à se prendre pour miss univers !

 

Kimberley se dit dans sa tête (Ouf. J’attendais que ce soit elle qui le dise en premier pour qu’on ne me soupçonne pas d’être jalouse de cette veille meuf. ) Puis elle répondit

  • Oui, bon elle a juste pris une photo, ce n’est pas la fin du monde. Pas la peine de la tailler.
  • Tu blagues là j’espère? Avant-hier je l’ai eu au téléphone, elle ne me laissait pas en placer une, elle ouvrait sa grande gueule sans arrêt. Et c’était pour parler d’elle en plus.
  • C’est vrai que maintenant que tu le dis, elle se prenait pour un humanoïde en boîte la dernière fois. Mais bon, chacun sa vie moi je m’en fous.
  • T’as raison on s’en fout de cette pute. Mais tu devrais lui montrer que t’es la plus belle.
  • Non, c’est mon amie ne nous mets pas en concurrence. Plus largement ne me mets en concurrence avec personne. Si la beauté était un art, je serais un génie.

 

C’est à ce moment qu’elles tombèrent sur Rima et ses six acolytes. C’est un groupe de filles qui ont le même âge que Kimberley. Elles ont le même âge c’est-à-dire dix-huit ans mais absolument pas le même comportement. Beaucoup d’entre elles ont des grands frères qui font parfois quelques séjours en prison. Elles ne s’habillent pas de la même façon qu’elles. Kimberley et sa bande sont toujours très féminines dans leurs manières, bien qu’étant parfois grossières dans leur façon de parler. Mais au premier abord elles ont toujours l’air de filles coquettes.

Alors que Rima et sa bande ont parfois l’air de garçons manqués, il n’est pas impossible de les voir en jogging et pas maquillées. Elles ont des comportements parfois brutaux, et tout comme les garçons sont ensemble presque tout le temps. Une d’entre elles a déjà accouché d’une fille et lorsqu’elles se baladent, la petite est toujours là.

Malgré tout elle reste quand même des filles et parfois tu peux les croiser avec des tenues très féminines.

Au collège, elles étaient amies avec Kimberley et Claire mais les manières et l’air de plus en plus hautain de celles-ci les a éloignées.

 

Kimberley court vers Rima avec le sourire en criant de joie. Alors qu’en vérité plus elle s’approchait et plus elle avait peur, son cœur battait de plus en plus fort. Puis quand elle arriva devant elle, elle la prit dans ses bras, puis elle fut  suivie par Claire. Les autres en face les accueillent avec le sourire, bien qu’elles soient beaucoup moins démonstratives que les deux princesses.

Au moment où elles arrivent devant Olanie la jeune fille chabine qui a un enfant, elles se jettent sur la petite en lui faisant des sourires et en jouant avec elle.

Mais à l’intérieur, Kim se disait :

(Sale petite crasseuse, c’est incroyable ce qu’elle a l’air sale. Je vais me laver les mains à l’eau de javel quand j’arriverai à la maison. En plus regardez comme elle écarte ses jambes en souriant. Une future fille de joie comme sa mère. Je devrais l’appeler Bébé la joie ça lui irait bien à cette petite boule de sida.)

Puis elle se releva et dit à Olanie

  • Franchement je suis trop joyeuse quand je vois ta fille je vais l’appeler bébé la joie !
  • Pourquoi bébé la joie ?
  • Elle a ensoleillé ma journée cette merveille.

 

 

Elles commencèrent à leur parler, le temps passait particulièrement lentement pour Kimberley qui n’avait pas envie que cette discussion s’éternise, mais faisait tout pour la prolonger. Puis elles se séparèrent.

Claire qui avait faim proposa d’aller acheter une bouteille de yaourt et des gâteaux. Mais pour cela il fallait passer devant le rayon des fromages, c’était le moyen le plus rapide d’atteindre la bouteille. Mais Kimberley était très mal à l’aise à l’idée de passer dans ce rayon. Ce qui fit beaucoup rire Claire qui lui dit :

« T’abuses là, ça ne va pas te tuer non plus ! C’est l’odeur qui te dérange ? »

  • Oui ! Mais ce n’est pas ça le pire ! Si quelqu’un vient et me vois là-dedans c’est fini pour ma réputation !
  • Hahaha mais oui Kimber au rayon mauvaise odeur je vois déjà les titres de la presse à scandale.
  • Il y’aura vraiment un article sur moi en plus. Viens, on fait un détour.
  • Tu ne devrais pas avoir honte de cette odeur. Elle devrait plutôt te rappeler l’odeur de tes fesses.
  • Toi, je vais te raser le crâne, ça va te rappeler qui est la patronne !

 

Chapitre 4 : Le sabotage

 

 

Après être sorties du centre commercial, elles décidèrent d’aller s’asseoir dans leur coin favori. Puis elles continuèrent leur conversation. Quand tout à coup le téléphone de Kimberley sonna. Elle regarda qui l’appelait. C’était Tiphanie, elle montra son téléphone à Claire qui se mit à rire.

Puis elle décida  finalement de décrocher –

  • Allo ma chérie, tu dates ! Depuis que t’es devenu un humanoïde, on ne te voit plus.
  • Glissement, dans la ville. Il s’est passé un truc de fou ma sœur. Je n’ai même pas le temps de te dire bonjour !
  • Il s’est passé un truc de fou ? Quoi ? Quoi ? Quoi ? Explique vite, vite.
  • Devine qui s’est fait draguer aujourd’hui ?
  • Allez dis !
  • Mademoiselle Kahina !

Kimberley se mit à sourire et elle rétorqua.

« Oui et alors ? »

  • Le nom du dragueur est Arsène.

Tout à coup le sourire de Kimber s’effaça de son visage pour faire place à une mine déconfite.

 

Claire comprit qu’il se passait quelque chose.

Tiphanie demanda à Kim si elle voulait connaitre la suite de l’histoire. Mais celle-ci était tellement dans les vapes qu’elle ne répondit pas. Son amie lui repose donc la question, mais elle ne répond toujours pas. Elle tenait un cookie dans sa main droite qu’elle fit tomber.

Puis elle retrouva ses esprits et répondit d’une voix forte et joyeuse «  Oui, dis-moi tout » !

 

Tiphanie se lança donc dans ses explications.

«  On était à Paris quand, on s’est arrêté au Mc Donald. C’est là qu’on voit arriver deux noirs. C’était Arsène, il était avec un mec trop moche mais bon lui, il remontait le niveau. Ils étaient juste derrière nous. Franchement t’avais raison, il a un regard incroyable, on était de dos mais on pouvait sentir que ses yeux étaient posés sur nous. Et quand on allait partir, il a demandé à Kahina s’il ne l’avait pas déjà vu.  Et puis c’est là que tout a commencé, on s’est posé avec eux pour manger. On a bien parlé, bien rigolé. Bref à la fin, il lui a demandé un bisou sur la joue. Elle a fait genre elle refuse mais, le regard qu’ils se sont lancés était très…. Bref c’était intense. Franchement c’est un bon blablateur. Il a mal commencé mais s’est bien rattrapé.»

 

Kimberley se met à sourire et dit «  Oh mais c’est trop bien, en plus il ferait un beau couple tous les deux. »

  • T’as pas la rage ? Tu le trouvais beau à mort non ?
  • J’avoue, il est trop charismement charismatique, mais il n’est pas assez riche pour entretenir un humanoïde comme moi. »
  • Excuse nous Madame de ne pas respecter ta beauté.
  • Je t’excuse. Merci pour l’info, ça va mettre un peu de mouvement dans la ville. Mais faut que j’aille faire un truc pour la maman. Je te rappelle plus tard.
  • D’accord, on se tient ma femme.
  • On se tient.

 

 

Elle raconta toute l’histoire à son amie qui était avec elle. Puis elles se levèrent et rentrèrent. Claire sentait bien qu’il se passait quelque chose sur le chemin du retour. Son amie rigolait et plaisantait avec une telle force que ça paraissait vraiment sur joué.  Mais malgré ses doutes elle était très loin de la vérité, car à l’intérieur de Kimber ce n’était pas de la déception, c’était un vrai cataclysme.

Son cœur pesait une tonne, mais son corps lui, était devenu très léger. C’est comme si elle ne le sentait plus. Elle voyait les images défiler autour d’elle avec une telle vitesse qu’elle se demandait si elle était dans un cauchemar ou dans la réalité.

Mais elle faisait tout pour que sa copine ne se  rende pas compte de son désarroi.

 

 

C’est alors qu’elles aperçurent Carine, une de leur camarade du lycée. C’est une fille un peu bizarre, elle  est très discrète malgré le fait qu’elle soit plutôt souriante. Elle est loin d’être une professionnelle du maquillage. Les filles la voient comme une hypocrite qui joue les modestes.

Elles lui font la bise froidement et ne s’attarde pas à discuter avec elle très longtemps.

 

Kimber y voit alors l’occasion de détourner l’attention de sa copine qui la regarde avec un air suspicieux depuis qu’elles sont au courant du flirt qu’il y’a eu entre Arsène et Kahina. Elle dit « Regarde-moi cette vieille meuf avec sa gueule en chantier »

  • Toi aussi tu viens de te faire écraser par son haleine ?
  • Oui et par son style pas stylé. Même si tu vas juste faire tes courses, respecte les gens et mets des habits de fille. Je suis sûre qu’elle peut sortir avec des crampons.
  • Laisse ! Cette meuf est complètement perdue, je suis sûre qu’avant de sortir de chez elle, elle ne se lave pas. Elle verse juste un peu d’eau sur sa face de cannette de bière.

 

Kimberley se mit alors à rire d’une manière qui paraissait sincère cette fois-ci.

Claire se dit alors que ce n’était qu’une petite crise de jalousie mais rien de très grave.

 

Mais lorsque Kimberley rentra chez elle, sa mauvaise humeur fit de nouveau son apparition. Elle n’adressa pas la parole à sa mère. Elle alla dans sa chambre et se jeta sur son lit. Elle attrapa le coussin et se mit à lui mettre des coups de toutes ses forces.

Elle se disait :

(Mais pourquoi elle ? Non, mais ils se foutent tous de ma gueule ou quoi ? Cette salope ne doit pas le toucher. Lui et moi, on est trop assorti ! En plus elle va se pavaner avec lui devant tout le monde. Putain de fils de pute, enfant de garce, ta mère la pauvre ! Pourquoi c’est toujours mes amis, merde. Bon, puisque c’est comme ça, je vais être obligé de faire du sale. C’est toi qui l’auras voulu conasse. Je vous dis que c’est moi l’humanoïde ! Et vous vous osez quand même me contredire ?)

 

Elle alluma sa tablette et alla sur Estimate. Elle ne se connecta pas sur son compte, mais en créa un autre. Elle donna à celui-ci un nom assez  drôle, c’est le Rideau Tombe.

Ce compte a une histoire assez cynique. Il apparaît et disparait régulièrement car d’autres gens le signalent.

Son but est de balancer les vérités de chaque personne, pour que tout le monde puisse être au courant. Lorsque ce compte apparaît, tout le département tremble. En effet, malgré le fait qu’il soit à chaque fois signalé et que tout le monde qualifie la personne ou les personnes qui sont aux commandes de tout ça d’ordure, personne ne peut être sûr que l’information révélée ne va pas être crue par les autres.

 

Tout dépend souvent de l’individu et de la soi-disant information. Quand certaines paraissent réelles, elles peuvent briser les plus sensibles. La police a arrêté le premier individu à avoir créé ce compte, mais depuis, les comptes continuent d’apparaître.  Les autorités ne se déplacent plus vraiment et croient pouvoir régler le problème par des campagnes de prévention contre les réseaux sociaux.

 

Kimberley se mit à réfléchir sur la rumeur qu’elle allait inventer sur Kahina.

(Heureusement que j’avais déjà mis une rumeur sur moi, il y’a plusieurs mois. J’avais créé un compte « le rideau tombe » et j’avais inventé une connerie. J’avais mis quoi déjà ? Ah oui j’avais écrit qu’on m’avait vu dans une boîte de nuit selecte. Tu parles d’une rumeur de merde. J’ai fait passer le compte pour un truc de vrai Gogol. Tout le monde sait que je vais en boîte, que ce soit les mecs de la cité ou autres. Et puis de toute façon la plupart des meufs y vont de nos jours donc rien de grave. Les gens ont voulu ouvrir leur bouche mais l’information n’était pas assez croustillante pour leur donner de l’inspiration. Mais bon, grâce à ça, personne ne peut me soupçonner et je peux mettre tout le monde dans la merde dans le plus grand des calmes.

Qu’est-ce que je pourrai bien écrire sur l’autre ? Je sais qu’on l’a vu rentrer dans une chambre d’hôtel avec trois mecs. Non, ce n’est pas assez salasse, oui les gens vont parler sur elle. Mais l’effet ne sera pas assez long pour que ça la casse à jamais. Il faut quelque chose de plus dure et plus sale que ça. Elle est enceinte d’un macro ! Non on n’est pas dans un film, en plus elle n’est pas enceinte. Quelle idée de merde ! Ou alors je pourrai mettre qu’elle est obsédée par des pratiques sexuelles étranges. Ou qu’elle a fait des films pornos. Mais non il faudrait la vidéo. Qu’elle a baisé avec son père. Mais non ! Mais oui ! C’’est vrai qu’il a une vraie tête de moche, on dirait un fou qui bande du matin au soir. En plus avant, les gens se foutaient de la gueule de son père et disaient qu’il avait une tête de pervers.

Jason lui avait dit que son père s’appelait Kader Dutrou. Elle s’était mise à pleurer, c’était, on avait douze, treize ans à l’époque. On était dans la même classe mais on n’était pas amis. Comme quoi j’étais plus lucide quand j’étais petite. Conasse tu vas voir, je vais ruiner ta vie de conne. La prochaine fois tu feras attention avant de faire ton allumeuse. )

 

 

Après ça, elle créa un deuxième compte où elle mit ses propres photos et se mit à rajouter de nombreuses personnes. Et quand ce compte aura réussi à avoir des tonnes d’amis, elle dira à son entourage que  «  quelqu’un essaie de se faire passer pour elle. » Ces fake donnent encore plus de raison aux autres de la considérer comme une beauté fatale. Et ça lui permet de légitimer le comportement qu’elle a envers les autres. . Puis elle regarda l’heure et vit qu’il était déjà  plus de vingt-deux heures. Etant donné que le lendemain serait le jour de la pré-rentrée universitaire, il fallait qu’elle ait bonne mine devant ses nouveaux camarades. Bien qu’elle ait été bien secouée par cette journée maudite, elle décida quand même de se forcer à aller se coucher.

 

 

 

Chapitre 5 : La transition

 

 

C’était enfin le jour de la rentrée, Kimberley enfila ses plus beaux habits et mit ses atouts en valeur. La faculté était tellement grande qu’elle commença à se demander si elle n’aurait pas dû venir plus tôt. A huit heure cinquante, elle n’avait toujours pas trouvé le bon amphithéâtre, pourtant la rentrée était à neuf heure. Il ne fallait surtout pas qu’elle arrive en retard et se fasse remarquer par tous les autres.

(Si j’arrive en retard et que le prof me crie dessus devant tout le monde, on va m’appeler la meuf qui se mange des coups de pression toute l’année. Vite, vite il faut que je trouve cet amphi.) C’est alors qu’elle se rappela qu’en entrant il y’a une sorte de guichet, c’était sûrement l’accueil. Elle décida de faire demi-tour et d’aller leur demander de l’aide. Arrivée là-bas, elle vit une foule qui faisait la queue.

 

C’était comme si le sort s’abattait contre elle. Elle décida donc d’employer les moyens les plus extrêmes, elle demanda aux gens qui semblaient marcher d’un pas sûr vers une direction précise. Une chose qu’elle déteste faire de peur de donner de l’importance à des inconnus. Elle demanda d’abord à une fille, mauvaise pioche, celle-ci ne savait pas. Ensuite ce fut le tour d’un garçon, qui n‘était pas sûr. Il lui indiqua une direction qu’elle prit quand même, car l’heure tournait. Elle arriva devant un amphithéâtre tout petit. Et elle demanda à une personne qui était à l’entrée si c’était bien l’amphithéâtre prévu pour faire la pré-rentrée des premières années de droit.

 

C’est alors qu’elle entendit une voix de jeune femme qui lui demanda.

«  Tu cherches l’amphi B12 ? »

Elle se retourna et vit une fille aux cheveux bruns, d’une beauté naturelle, une peau lisse et des yeux noirs. Elle ne semblait pas trop maquillée mais il était clair que ses produits «  soin du visage » étaient de grande qualité.  Kimber lui répond :

  • Oui c’est ça. Je suis un peu perdu là.
  • Je sais où ça se trouve. Je suis venue faire un repérage des lieux hier pour être sûre de ne pas avoir à chercher au dernier moment.
  • Ah, j’aurais peut-être dû y penser aussi, au lieu de me mettre à chercher la salle en courant au dernier moment.
  • Ce n’est pas toi la pire, c’est moi la seule à être une obsédée de la ponctualité et à arriver quand même en retard.
  • Pourquoi tu dis ça ?
  • Il est déjà neuf heure.

 

Pendant que cette fille marchait Kimberley l’observait et était assez étonnée. Elle disait qu’elles étaient en retard mais ne semblait pas du tout anxieuse. Elle marchait rapidement mais sans que l’on sente une quelconque appréhension. Le fait de se faire remarquer dès le premier jour était le dernier de ses soucis.

 

 

Elle avançait sans même jeter un regard sur ceux qui l’entouraient. Ni homme, ni femme, ni montre. Elle faisait ce qu’elle avait à faire sur le moment ni plus ni moins.

 

Lorsqu’elles arrivèrent devant l’amphithéâtre, elles se rendirent compte qu’elles étaient loin d’être en retard. Beaucoup étaient encore en train de se chercher des places, pendant que les professeurs, enfin ceux qui ont l’air d’être les plus âgés restent debout à attendre que tout le monde s’installe.

 

Après plusieurs minutes de recherche elles trouvèrent enfin deux places. L’une à côté de l’autre. Quelques minutes après à neuf heure et quart plus précisément, les enseignants ont commencé.

 

A la fin, lorsque tous allaient rentrer,  Kimberley demanda à la jeune fille :

« Excuse-moi, avec tout ça on n’a même pas eu le temps de se présenter. Tu t’appelles comment ? »

  • Angélique et toi ?
  • Kimberley, je sais c’est un prénom de star mais je le vaux bien. (Elles se mirent à rire).
  • Rien que ça ? D’accord on se revoit à la rentrée.
  • Ok à la rentrée.

 

Kim descendit dans le métro et Angélique quant à elle prit le bus.

 

La jeune femme rentre dans le bus. Elle reste debout et envoie des messages à son petit copain. Quand soudain elle sent un regard pesé sur elle. Une sensation assez étrange c’est comme si elle était surveillée. Ça vient de derrière, des yeux la scrutent. Mais elle n’ose pas se retourner directement, on ne sait jamais, cela pourrait être un alcoolique dont elle ne pourrait plus se débarrasser. Le simple fait de se retourner pourrait être pris par celui-ci comme un appel de phare.

 

Elle lève la tête et voit en face d’elle une fille qui devait avoir la vingtaine qui regarde avec insistance derrière elle, et elle ne le fait pas de manière dédaigneuse. C’est le regard d’une fille conquise. Se pourrait-il que ce soit un bel homme qui se cache derrière ces yeux lourds qui lui examinent le dos.

Puis elle se laisse dominer par sa curiosité et décide de se retourner, et là elle tombe sur une femme. Elle regarde chaque personne dans le bus pour voir où se trouve cet homme. Mais elle ne voit rien. C’était une fausse alerte, cette impression qu’elle avait n’était donc pas réelle, pourtant elle sentait  quelque chose qui l’observait mais elle n’arrivait pas à décrire ce que c’était. C’est alors qu’elle se rendit compte qu’elle avait cette impression depuis la pré-rentrée. Puis elle se dit que ce n’était pas la peine de trop paniquer pour une telle bêtise. Elle mit ça sur le compte de la fatigue due au réveil matinal.

C’est en descendant du bus qu’elle tomba sur un groupe de trois jeunes ayant le look vestimentaire du voyou de base.

Elle était surprise de les voir à cet arrêt qui se trouve dans un quartier les plus chics de la ville.

Avec son visage et son corps parfait, elle passait rarement inaperçue devant les hommes. Mais elle réussit à garder son calme, marcha en regardant droit devant elle. Elle leur lâcha même un regard intimidant pour qu’ils ne viennent pas lui adresser la parole.

Mais ça n’a absolument pas marché puisque l’un d’entre eux lui court après pour lui adresser la parole.

  • Excuse-moi, t’es grave belle. T’as pas un numéro pour qu’on vive notre beauté ensemble ?

Elle ne lui répond pas puis, il insista jusqu’à ce qu’elle se décida à mettre fin à son indifférence.

  • Non, non, non, je suis pressée, je n’ai pas le temps !
  • Mais j’ai une grosse bite !
  • Garde la pour ta main ! Je ne suis pas un objet !

 

Puis le jeune homme resta sur place et commença à l’insulter « Ne crois pas que t’es fraiche grosse follasse ! ». Pendant ce temps ses deux amis riaient crapuleusement derrière lui.

Angélique elle s’éloignait d’un pas ferme et déterminé. Arrivée chez elle, elle mangea.

Quand son copain l’appela pour lui dire qu’il serait en bas de chez elle dans cinq minutes.

Lorsqu’elle sortit de chez elle, cela faisait plusieurs minutes que son copain Nathan l’attendait. Il se mit à se plaindre de son retard. Elle lui répondit d’une manière très brutale. « Qu’il n’avait attendu que cinq minutes et qu’elle avait eu un sérieux problème. »

 

Chapitre 6 : Le doute dans la joie

 

 

 

Ils descendirent tous les deux s’asseoir à la terrasse d’un bar du quartier pour boire un verre avec Stéphane et David. Ils se connaissent tous depuis le Collège.

 

Ils s’asseyent et commencent une discussion. Angélique leur raconte sa journée :

« J’avais vraiment la flegme de me lever mais bon, après des vacances passées collée à vous, ça m’a fait du bien de voir d’autres visages. »

 

David :- T’as dit qu’il y’avait des banlieusards ? Et tu préfères voir ces gueux plutôt que de nous voir nous ?

 

Nathan

  • Attention, on a une thug à côté de nous !

 

Angélique :

  • Vous êtes odieux. Moi, je suis assez contente, je pense qu’il est important surtout pour une féministe comme moi de connaître la vie d’autres filles de mon âge. En plus il y’en a pas tant que ça non plus c’est quand même une des facs les plus sélectives de toute la France.

 

David :

  • Mais tu sais bien qu’on rigole. Moi aussi je les aime ces banlieusardes car je pense qu’il est important pour un obsédé comme moi de connaître la chatte d’autres femmes de ton âge.

Ils se mirent tous à rire.

Nathan :

  • Angélique a la défense des opprimés de ce monde.

 

David :

  • Bon, parle-moi de ta nouvelle copine Kimberley la bof. Elle est baisable ou pas ?

Angélique :

  • Elle est plutôt jolie, oui. Et ce n’est pas une bof !

David :

  • J’espère qu’elle sait bien faire la cuisine, comme le faisait les femmes à l’époque de nos chers grands parents ?

 

Et à ce moment-là elle cessa de rire. Elle le regarda avec des yeux remplis de rage  et dit.

«  Tu vas retirer ce que tu viens de dire ou je te jette mon verre à la gueule, espèce» !

 

Stéphane :

  • Retire ce que tu viens de dire ou elle va faire un carnage !

 

Nathan la tire vers lui avec son bras droit et lui fait un bisou dans le coup et dit :

 

  • C’est bon il rigolait.
  • Ah parce que c’est drôle ça ? Et toi ça te fais rire ?

Elle fixa Nathan.

 

David dit en souriant d’un air narquois.

«  Je rigolais Madame Simone de Beauvoir! Les femmes ne sont pas nos esclaves ! Ce sont aussi nos esclaves sexuelles ! Nos poupées gonflables. »

 

Elle versa son verre sur le visage du jeune homme, ce qui tâcha sa superbe chemise blanche.

«  S’il n’y avait pas de monde je t’en aurai collé deux ou trois » !

 

David ne sachant pas trop où se mettre, fit semblant de rire devant cette situation gênante.

La jeune femme décida quant à elle de se  recroqueviller sur son portable.

La suite de l’après-midi fut très pénible et longue.

 

Le soir venu, toute la bande avait prévu de se réunir pour profiter une dernière fois des vacances. Une dernière occasion pour eux de se saouler avant que les choses sérieuses ne commencent.

Cette fois-ci ils seront plus nombreux. Il y’avait Léa qui ramena sa bouteille de vin. Julie ramena sa bouteille de Whisky. Stéphane ramena de la bière, ce qui lui valut quelques moqueries. David vint avec deux bouteilles de Vodka et compensa à lui seul le fait que Nathan ne ramena pas d’alcool. Et Emilie participa elle aussi avec une bouteille de vin rosé. Angélique était chargée de s’occuper des boissons gazeuses avec lesquelles ils feraient les mélanges.

 

Ils s’assirent alors dans un parc, et formèrent un cercle autour de la boisson. Vingt minutes plus tard certains étaient déjà dans un piètre état.

 

David a déjà bu la moitié d’une bouteille de vodka et un petit verre de Whisky. Et il est en train de s’amuser à faire boire son ami  Stéphane qui avait pourtant prévu de ne boire que des bières. Il profite du fait que celui-ci soit déjà un peu saoul après seulement deux bières. Il le pousse à prendre du whisky. Puis, il lui dit : «  pour faire descendre l’alcool, il faut qu’il boive des boissons énergisantes », mais évidemment il lui donna une canette dans laquelle il avait mis de la vodka. Mais tout le monde le laissa faire car tous voulaient voir ce que Stéphane, le plus calme du groupe fait lorsqu’il a bu. Puis à un moment Angélique qui avait bu du vin et du Whisky, arrêta ses amis puis donna une gifle à David. Ils se regardèrent et se mirent à rire malgré la violente dispute qui les avaient opposée quelques heures auparavant. Elle lui dit «  Je te déteste car tu es détestable, mais ta tête me fait rire ! »

  • Ouais, c’est la même chose pour moi grosse » ! Répondit-il.

 

Seul Nathan et Emilie étaient encore dans un état correct. Ils n’avaient presque pas bu.

Les autres ne tenaient plus des propos cohérents.

C’est alors qu’Angélique décida qu’ils devaient aller faire un tour. Son copain contesta l’idée de sa petite copine.

Elle le remit très rapidement à sa place en lui disant : « Oh, ça va la sainte nitouche  laisse nous nous amuser, tu es jeune et tu fais la pucelle. Mais non, je rigole, détends toi, bitch ! »

 

Stéphane se mit à parler avec des jeunes filles qui passaient. Il leur demandait si elle pouvait lui faire un bisou près du cœur parce qu’il avait besoin d’amour. Puis il frotta son sexe à un poteau d’éclairage. Elles s’en vont en se moquant de lui  et il leur crie : «revenez,  Je vais vous violer dans vos fesses ! Revenez ! Je suis un tueur et mon sexe est une arme blanche. »

David décide de prêter mains forte à son amie Steph dans ses bêtises. Et c’est à ce moment qu’une silhouette s’approche d’eux avec une démarche hésitante. C’est un jeune homme d’une vingtaine d’année qui s’avance. David s’approche aussi de lui. Ils se retrouvent bientôt face à face. L’un essayant d’éviter l’autre. C’est alors que David agrippe l’homme et l’embrasse sur la bouche avant de se faire violemment pousser par celui-ci.

Mais notre jeune saoulé n’en démord pas et s’agrippe au pauvre passant qui essaie de se débattre de son mieux mais n’arrive pas à se défaire de ce fou, qui se met à crier.

«  Au viol ! Cet homme essaie de me prendre par derrière, il est déterminé, c’est un malade, un fou ! »

 

Les autres éclatent de rire devant cette scène. Stéphane lui aussi se met à rire sans vraiment comprendre pourquoi. Il était dans un tel état qu’il n’arrivait plus à rester concentré sur quoi que ce soit. Il ne regardait même pas du bon côté. Puis il se mit à vomir. David lâcha le passant, explosa de rire.

 

Angélique demanda à Nathan d’aller aider leur ami. Lorsqu’il attrapa son ami, celui-ci regarda par terre et cria «  Quelqu’un a vomit par terre, c’est dégueulasse, il faut nettoyer ça! De nos jours les gens ne respectent plus rien ! Il faut appeler la marine ! »

 

Ils décidèrent finalement de rester assis encore un moment, le temps que les effets de l’alcool redescendent avant de rentrer chez eux.

 

Le lendemain Angélique se réveilla avec une légère gueule de bois. Comme d’habitude, la première chose qu’elle fit, fut de regarder son portable. Elle avait reçu un message de son copain comme d’habitude qui lui souhaitait de passer une bonne journée. Elle en avait un autre de la part d’Emilie lui rappelant qu’elle avait bu comme une vraie  folle la veille.

 

Chapitre 7 : L’apaisement du doute

 

 

Elle se lève et va se laver, sous la douche elle se met à réfléchir sur la soirée d’hier. Ensuite imagine comment seront ses amis dans vingt ans. Et elle se met à rire lorsqu’elle imagine David plus tard. (Il sera certainement devenu un homme d’affaire, les poches pleines. Ses capacités à agir égoïstement et cruellement l’aideront dans son métier à atteindre un certain niveau dans ses affaires. Heu non, j’exagère un peu, en disant qu’il est cruel mais bon je pense qu’il pourrait être un opportuniste sans limite. Il passerait son temps avec des Escort-girls juste pour se rappeler à lui-même qu’il a les moyens de se payer le corps des femmes. Avec une élite financière composée de mecs comme lui, on a encore du chemin à faire dans l’égalité des sexes.) Puis elle arrêta de rire.

Elle se demande ensuite ce que deviendra Nathan. (C’est bizarre que j’essaie d’imaginer son futur alors que je devrais être en train d’imaginer notre futur. Il doit être avec moi c’est lui et moi. Moi et lui. Mais pourquoi je n’arrive pas à me voir à côté de lui dans plusieurs années ? Pourtant je l’ai.., il est trop important pour moi. J’aime tout chez lui ses qualités et ses défauts. Pourtant c’est à chaque fois le même problème, je ne me vois pas avec des rides et à côté de lui. Non il ne faut pas que je dise ça, j’ai envie d’être avec lui. Il est ce que j’ai de plus important. C’est juste que quand il sera vieux, moi je serai jeune ! Hein quoi ? Je me mets à dire n’importe quoi, je perds la tête ! Il faut que je réfléchisse à autre chose. Mais quand j’ai dit que j’aimais ses défauts, il y’en a quand même que je ne peux pas supporter. Comme par exemple cette manière qu’il a de jamais vouloir s’habiller comme je lui dis et puis toutes ces choses qu’il est toujours en train de faire dans le secret. Non, en fait je n’ai pas grand-chose à lui reprocher. Je ne comprends pas ce qui m’arrive ces temps-ci peut être qu’on devrait faire une pause. Mais si je le laisse et qu’une autre en profite, je vais péter un câble. Il est à moi!)

Elle sort de la douche, va manger et allume la télévision puis lit le journal, il a toujours été important pour elle de se tenir au courant des informations, bien qu’elle ne le faisait pas quotidiennement. Mais maintenant qu’elle va commencer des études de droit, elle ne laissera plus passer la moindre information.

C’est à ce moment que son portable se met à sonner, c’est sa cousine Clarisse. Elle hésite à répondre, la connaissant elle voudra certainement aller faire les magasins ou aller boire un verre, ce qui n’est pas tout à fait le programme que  la belle brune avait prévu. Puis elle se rappela qu’elle avait un chapeau à acheter. Et puis cela lui ferait certainement du bien de se confier à sa cousine au sujet des problèmes qu’elle rencontre actuellement dans sa vie de couple. Par chance sa cousine la rappela quelque seconde après, elles se mirent donc d’accord pour un rendez-vous.

Elle et sa cousine se rejoignirent devant le Multiface. C’est une sorte de centre-commercial/pub moderne qui se fond dans le décor parisien. On garde donc l’esprit classique parisien tout en y ajoutant une modernité dont les jeunes raffolent. Il y’a à l’intérieur de ce centre commercial des magasins de vêtement qui vous proposent de rentrer dans plusieurs univers. Il y’a la boutique électro qui propose toutes sortes d’habits qui vous plongent dans cette ambiance. On y vend que des habits en rapport avec ce thème. Mais c’est seulement sur les côtés car au milieu du magasin, il y’a une piste de danse sur laquelle se reproduit souvent de grands danseurs d’électro  mais qui est aussi ouverte aux  clients. Et lorsqu’elle est vide, ce sont parfois les vendeurs qui mettent le feu sur la piste de danse, étant eux-mêmes spécialement choisis pour ça. Et on y écoute que de la musique qui correspond au thème du magasin.

Mais il faut savoir que tous les styles de musique sont représentés dans le Multiface Pop/Rock, Soul/Funk/Hip-hop, Classique, la musique sud-américaine, asiatique et Africaine. On y trouve les habits qui sont à la mode. Ainsi il y’a donc une quarantaine de magasins à l’intérieur. Mais dans les allées du centre commercial, il y’a des sortes de bars dans lesquelles  on distribue des cocktails sans alcool. C’est un lieu où la jeunesse branchée de Paris aime à se retrouver. 

En route pour le magasin où elle pourrait s’acheter son fameux chapeau elle passe devant la boutique Hip-hop. Clarisse ne peut pas s’empêcher d’entrer à l’intérieur, étant une inconditionnelle amoureuse des jeunes hommes qui remplissent l’endroit.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’y a presque pas de jeunes issus de la banlieue à l’intérieur et, les seuls qui y sont, viennent des banlieues aisées ou des coins les plus calmes des arrondissements difficiles de Paris. Ils arborent tous un style à la pointe de la mode du Streetwear.

Clarisse regarde les gens, quant à Angélique, elle se dirige tout droit vers les baskets. Quand sa cousine vient lui chuchoter a l’oreille.

  • Regarde le métis là-bas, il est pas mal non ?
  • Ça va, mais il y’a mieux
  • Critiquer ce que j’aime, ton activité favorite.
  • Bah si tu veux que je te dise qu’il est beau, juste pour te faire plaisir, et que je fasse la lèche cul dis-le moi !
  • Oui, je le veux. Non mais regarde, il ressemble à Duncan Cruz.
  • En plus pour me convaincre, tu me dis qu’il ressemble à ce monstre qui traite les femmes comme des merdes dans ses clips et qui bat sa femme ?
  • C’est la dernière fois que je te demande ton avis !
  • J’espère que ta menace est sincère, même si je n’y crois pas trop.
  • Et t’a bien raison.

 

Un vendeur vient la voir et lui demande si elle veut de l’aide. Il avait un visage magnifique presque angélique, et un style très travaillé. Il semblait vouloir la séduire. Il la regardait droit dans les yeux ; ses yeux verts étaient fixés sur elle. Bien qu’elle le trouvait beau, elle lui répondit sèchement « Non, je peux lire les prix toute seule comme une grande. » Il n’insista pas et s’en alla le visage serré.

Clarisse lui demanda « Qu’est-ce qu’il voulait ? »

  • Il voulait faire son travail en alliant l’utile à l’agréable.
  • C’est-à-dire ?
  • Il voulait niquer ! Il a cru que sa belle gueule suffirait. Et que moi la jeune fille ayant avalé tellement de livres sur le beau prince charmant qui vient aider la princesse dans son enfance, j’allais lui sauter dessus. Toujours ce vieux cliché du mec qui vient aider la femme en détresse, ils finissent même par créer des situations de détresse.
  • Tu me fais trop rire, grosse, avec tes principes de femme dure, femme forte, femme musclée.

Angélique lui lâche un regard sévère. Et demande :

  • Tu peux répéter?
  • Humour, humour, humour. Ne tue personne !

Elles sortirent alors du magasin et allèrent à leur destination première. Elles achetèrent un chapeau et un manteau beige et une paire puis, décidèrent d’aller s’asseoir dans un bar dans l’allée et elles prirent deux cocktails et deux sandwiches.

Elles se lancèrent dans une conversation au sujet de Nathan

  • On n’arrive plus à se comprendre, ou plutôt je n’arrive plus à le comprendre, tout ce qu’il fait m’exaspère. Dit Angélique
  • T’es amoureuse d’un autre ?
  • Non, c’est ça qui me trouble le plus, c’est lui que j’aime et pas un autre mais…

Elle fut coupée par son portable qui vibrait, c’était son copain qui l’appelait,

  • Allo !
  • Allo, ça va ?
  • Oui et toi ?
  • Ouais ça va. Je vais faire un peu de tennis avec mes frères aujourd’hui et toi ?
  • Moi je bois un verre avec Clarisse au Multiface. T’aurais dû me dire que tu allais faire du tennis, ça m’aurait évité de passer la journée avec elle.

 

Clarisse « Va te faire ! »

  • Bon il faut que j’y aille, je t’appelle tout à l’heure. Dit Nathan
  • Si je t’emmerde tu peux me le dire, je comprendrai !
  • Mais non c’est juste que tout le monde est prêt, on doit y aller.
  • Ok, bon à tout à l’heure.

A peine la discussion terminée, elle reçoit un message, sa cousine se penche pour regarder c’est Nathan qui écrit « Je t’aime, hier tu étais une des plus belles aujourd’hui tu es la plus belle et demain tu seras indétrônable, j’ai déjà hâte qu’on finisse cette partie pour pouvoir réentendre ta voix ».

Clarisse se met à crier «  Waouh c’est trop mignon, punaise t’a trop de chance, c’est trop beau, si tu le veux plus tu me le prêtes. Il t’a écrit un mot romantique à mort. Tu sors avec Leonardo Dicaprio! »

  • C’est vrai que c’est mignon. Il est trop cute, mais je ne le prêterai à personne. Bitch !
  • Bon tu disais que tu n’arrives plus à le comprendre et que tout ce qu’il fait t’exaspère ?
  • Moi j’ai dit ça, non pas du tout, nous vivons le grand amour !

Puis elles se mirent à rire et reprirent leur conversation.

Clarisse dit

  • Moi aucun mec ne fait attention à moi, pourtant je suis belle non ?
  • Heu c’est anti-sexy de dire de soi-même qu’on est belle.
  • Au bout d’un moment j’en ai plus rien à foutre, de toute façon personne ne veut faire du sexe avec moi.
  • C’est encore plus anti-sexy de quémander le sexe.
  • Orh, tu vas pas me saouler longtemps toi, tête de moche !
  • Tête de meuf en manque
  • Oh t’es trop méchante.
  • Achète toi un vibro ou bien va au brésil.
  • Pourquoi au Brésil ?
  • J’en sais rien, c’est sorti tout seul.

 

Chapitre 8 : Frustration

 

 

Leurs discussions endiablées continuèrent toute la journée, jusqu’à ce qu’elles rentrent. Arrivées à la maison, il était l’heure de dîner et tout le monde était en train de se mettre à table.

Son père, un homme mince de taille moyenne, au visage soigné se mit à questionner sa fille sur sa journée. Celle-ci lui répondit avec un certain agacement, puis il continua à regarder la rediffusion de l’interview du premier ministre qui avait eu lieu il y’a quelques jours et qu’il n’avait pas pu regarder car il était à l’étranger. Néanmoins sa passion pour la politique le pousse à ne rater aucun évènement, bien qu’il soit homme d’affaire.

Quelques secondes plus tard son père lance son jeu favori et pose une question à sa fille avec son air sûr « Cette interview tu m’as dit que tu l’avais regardé en entier, c’est bien ça ? »

  • Oui je l’ai vu.
  • Alors fais-moi un résumé de ce qu’il a dit
  • C’était il y’a plusieurs jours, je ne sais plus.
  • Tu assumes donc tes limites ?
  • Mes limites en tant que quoi ?
  • A toi de me le dire.
  • Tu penses que parce que je suis une fille, je ne peux pas avoir une  aussi bonne mémoire que  la tienne ?
  • Tout ce que tu as à faire c’est de me faire un résumé.
  • Il a indiqué de nouvelles réformes, qu’il créerait.

(Son père lui coupe la parole)

  • On va faire plus simple, tu vas me dire quelle a été la partie la plus pertinente de cette interview à tes yeux ?
  • C’était le moment où on lui a demandé s’il regrettait ses nombreuses erreurs en tant que ministre. Entre autres les nombreuses fois où il a fait preuve d’un manque de respect et d’un autoritarisme despotique, ainsi que des promesses non tenues. Et il a essayé d’expliquer ses actes, tout ça pour finir par dire qu’il ne regrettait pas et qu’il assume tout. Ce qui pour moi est une tentative maladroite de se faire passer pour un homme de conviction. Alors que cela a juste été pris pour un manque de respect.
  • Aurais-tu préféré qu’il s’excuse et dise qu’il regrette ?
  • Même s’il ne le pense absolument pas, oui il aurait dû.
  • Tu sais que ses regrets auraient été faux, je sais que ses regrets auraient été faux, les téléspectateurs le savent aussi et tu veux quand même qu’il le fasse ? Il passe pour un homme qui dit tellement ce que le peuple veut de lui, que même ses mensonges sont contrôlés par celui-ci, non c’est une mauvaise solution. Mais rassure toi, lui aussi a choisi la mauvaise solution. Dans ces moments-pièges, il faut savoir doser sa réponse de manière à ce qu’elle soit floue mais de bonne volonté il aurait dû dire « J’ai beaucoup appris de mes choix passés qu’ils aient été bons ou qu’ils les aient été un peu moins. » Mais ensuite, il justifie ses choix et les erreurs qu’on lui reproche. Il aurait dû essayer d’éviter de donner une réponse claire.

 

C’est alors qu’un débat s’engagea à table, le père faisant tout pour le pimenter, en démontant un par un les arguments de sa fille.

Le portable de celle-ci se mit à sonner, c’est Jonathan qui appelle et Angélique le sait. Mais elle est tellement absorbée par sa discussion endiablée qu’il est hors de question qu’elle décroche. Mais le téléphone continuait de sonner, elle n’arrêtait toujours pas de débattre. Elle criait, il sonnait, elle criait, il sonnait, son père la contredit une fois encore. Elle se leva prit son portable et le jeta contre le mur.

Toute sa famille la regardait, surpris par cette réaction.

Son père reprit vite ses esprits et lui demanda ce qui lui arrive. Elle jeta un regard furieux sur toute sa famille et alla dans sa chambre. Elle prit sa tablette, consulta son compte sur Estimate, où sa moyenne était passée de 95 à 96. Elle trouvait ça flatteur, ça lui remonta un peu le moral. Ensuite elle se mit à espionner le compte de Nathan, puis celui de ses copines pendant deux, trois heures. Quand soudain elle entendit quelqu’un arriver, c’était les pas de sa mère. Elle fit semblant de dormir. La porte s’ouvrit, la personne regarda quelques secondes et s’en alla.

Elle recommença donc à surfer sur la toile et décida après s’être déconnectée de Estimate, d’aller consulter sa boîte mail. Elle y vit un message qui l’a mis dans une immense colère. C’était son petit copain qui lui demandait si elle allait bien et qui lui rappelait qu’il « l’aime de tout son cœur ». Elle posa la tablette à côté d’elle et commença tout doucement à s’endormir.

C’est alors qu’une sensation bizarre traversa son corps, c’était une chaleur qui commençait au niveau de la tête et qui descendait sur le reste. Elle avait l’impression d’être une ampoule, et qu’on s’amusait à allumer et à éteindre. Sa tête était lourde, elle pesait des tonnes. Elle frotte ses jambes l’une contre l’autre, se touche les seins pendant un moment, avant de se lever brutalement. Elle regarde à gauche et à droite, elle ne voit plus personne, tout le monde est parti se coucher.

Elle prit un pot de confiture, réveilla le chien et le fit entrer dans sa chambre. Elle mit la confiture entre ses jambes. Le chien s’approcha et se mit à lécher le vagin de la jeune femme. Pendant qu’elle regardait un film porno. Elle essayait de rester silencieuse mais se rappela que lorsqu’elle ne fait pas de bruit, l’orgasme perd de l’intensité.  Et puis elle se rendit compte que toutes ces réflexions diminuaient son plaisir. Alors, elle se mit sous la couverture et se mit à gémir, peu importe si on l’entendait, c’était trop bon.

 

Le lendemain après avoir lu le journal, elle se décida à appeler son petit copain avec le téléphone fixe. Il lui répond :

  • Allo ?
  • Ça va ?
  • Oh oui ! Ça va très bien et toi ?
  • Hier je t’ai appelé sur ton fixe parce que tu ne décrochais pas sur ton portable. Ta mère m’a dit qu’elle allait te chercher et quand elle est entrée dans ta chambre, tu dormais déjà.
  • Ouais, j’ai passé une journée relou avec ma cinglée de cousine et j’étais fatiguée à mort.
  • Tu pourrais au moins m’envoyer un message pour me dire que t’es fatiguée.
  • Et ta mère ? (Dit-elle d’un ton joyeux)
  • Quoi ?
  • Angélique répond avec le même ton léger- Non je n’ai rien dit. Juste évite de me parler comme si j’étais ta fille. J’ai déjà un père qui va me casser la tête ce soir. Après avoir bien réfléchi à ce qu’il va dire, car monsieur analyse toujours avant de parler !
  • Bon bah ça a l’air d’aller pour toi je pense que je me suis encore inquiété pour rien. La future mère de mes enfants va bien.
  • Arrête, je t’ai déjà dit que je n’aimais pas que tu dises des choses comme ça. Une amie malienne m’a dit que ça portait malheur de dire ça !
  • Je connais toute tes amies et tu n’as pas d’amie malienne.
  • Je me suis trompée, je voulais dire péruvienne
  • T’en as pas non plus !
  • Ouais, c’est vrai, c’est vrai.

Ils se mirent alors à rire, ce qui dura presque une minute c’était une cascade de fous rires. Puis il lui demanda

  • T’es défoncé ou quoi ?
  • Non pourquoi ?
  • Tu as l’air végétalement joyeuse ! Je ne sais pas ce que tu as fait hier mais tu devrais le faire plus souvent.
  • Tu as raison !

Ils continuèrent leur conversation, puis elle entama la lecture du livre «une féministe très controversée». Elle y resta plongée plusieurs jours.

 

Chapitre 9 : La rentrée universitaire

 

 

Le jour de la rentrée universitaire est enfin arrivé. La fac est remplie de gens. Même si peu d’entre eux l’avoueront, on peut lire sur de nombreux visages une certaine excitation. Kimberley arrive devant l’amphithéâtre. Beaucoup de gens y sont déjà. Elle prépare sa plus belle démarche et entre, elle fait semblant de chercher quelqu’un et son regard tombe par hasard rapidement sur celui d’Angélique, elles se sourient et s’assoient l’une à côté de l’autre.

Après s’être saluées, elle demande à sa nouvelle amie s’il y’a des beaux gosses. Celle-ci lui répond alors « qu’elle en a vu quelques-uns mais qu’elle n’avait pas fait très attention non plus parce qu’elle a un copain. »

Elles se mirent à regarder avec une certaine attention tous ceux qui passaient, Kim ne pouvait pas s’empêcher de faire un commentaire  à chaque fois.

«  Regarde-moi celle-là, elle s’habille comme une grand-mère ». Ou encore « regarde-moi celui-là il se croit beau alors que son visage n’est pas humain. On dirait qu’il fait exprès d’être moche pour nous embêter »

Toutes ces plaisanteries font beaucoup rire sa nouvelle camarade. La salle était bientôt remplie de jeunes personnes. Les étudiants de sexe masculin n’étaient pas tous forcément du goût de la jeune blonde, mais elle avait tout de même repéré quelques mignons garçons. C’est alors qu’un jeune homme à la silhouette familière entra dans la salle.

Incroyable, elle n’en croyait pas ses yeux, c’était Arsène. Il regardait partout à la recherche d’une place. Il en trouva  tout en haut et alla s’asseoir.

Pendant une minute, Kim qui était jusqu’à lors une bavarde incroyable cessa de parler. Puis son cœur fut rempli d’une joie intense. (Il est dans ma classe ou plutôt dans mon année de fac ou plutôt pas loin de moi. Aaaaaah ! Quand je vais le dire aux autres. Oulala ! Ce soir conférence, débat téléphonique. Si je deviens sa meuf, tous les jours on se prendra en photo et je nous mettrais sur les réseaux sociaux. On régnera en maître sur la ville et sur la fac. Les rageuses ne pourront plus dormir.)

Mais son amour du commérage était plus fort qu’elle, elle prit son téléphone et commença à écrire un message à Claire. Mais elle n’a pas eu le temps de terminer que le professeur arriva. Un calme religieux s’empara de la salle. Elle n’osa pas entamer une conversation par message avec son amie.

A la fin du cours, elle expliqua à sa copine, la belle brune, qui était ce jeune homme dans sa ville.  Celle-ci ne comprit pas vraiment l’engouement qu’il y’avait autour de ce jeune homme, qui n’était ni très grand ni très beau.

Puis les deux jeunes femmes se rendirent compte qu’elles n’étaient pas dans les mêmes groupes pour les Travaux dirigés. L’une  est dans le groupe 1 et l’autre dans le groupe 5.

 

 

 

Angélique se rendit donc dans la petite salle où elle avait TD (Travaux Dirigés). Elle s’assit au deuxième rang. Elle sortit son ordinateur portable. Au fond de la salle, il y’avait beaucoup de bavardages, elle se retourna et vit  trois garçons et une fille qui discutaient. Parmi eux, il y’avait ce jeune homme dont son amie lui avait parlé. Il ne parlait pas beaucoup, pourtant dès que l’un d’entre eux disait quelque chose, il le regardait, comme pour chercher son approbation. Elle pensa tout de suite à la réaction qu’aurait Kimber en sachant que son fantasme est dans son groupe.

Pendant le cours, la belle jeune femme attire déjà les regards de ses camarades. Mais elle reste concentrée et répond à toutes les questions que pose le professeur. Sa détermination et son caractère sont déjà très visibles. Puis pendant le cours, le professeur se rappelle qu’il n’a pas fait l’appel, puis il appela tout le monde et demanda s’il n’avait oublié personne. Alors une voix légèrement cassée mais douce se fit entendre du fond de la classe. « Monsieur, vous ne m’avez pas appelé. »

  • Quel est votre nom ?
  • Arsène Abelli.
  • Non désolé, vous n’êtes pas sur la liste
  • Oui, parce que. Le prof lui coupe la parole.
  • Oui c’est vrai ! On m’a parlé de vous, je m’en rappelle. Mais je pense qu’après le cours, il faudrait que vous vous rendiez au secrétariat pour mettre votre inscription à jour.
  • Ok !

Après que le TD soit fini, la belle brune passa à côté du groupe de bavards qui se demandaient comment aller au secrétariat. Elle décida de les renseigner, c’est alors que le regard de ce fameux Abelli croisa le sien. Pourtant, quatre regards étaient posés sur elle, mais un ressortait parmi les autres. C’était celui de ce garçon.

Plus tard dans la soirée, Angélique décida de dire à Kim qu’il est dans son groupe. Elle hurla de joie et lui dit  «  Bon tu seras mes yeux, mes oreilles, bref tu seras ma taupe, je veux tout savoir sur lui. »

  • Désolé mais moi, j’ai des notes à prendre. J’écouterai seulement quand j’aurai le temps.
  • Bien sûr, quand tu auras le temps.
  • Mais c’est vrai que maintenant, je vois ce que tu voulais dire, il a un certain charme, c’est vrai.
  • Tu veux me le piquer ?
  • Non ! Je te rappelle que je suis déjà en couple.

 

Chapitre 10 : La bibliothèque

 

Deux semaines plus tard, les choses sérieuses avaient déjà commencé. Les devoirs s’enchaînaient. Angélique passe son temps à réviser. Les deux copines se croisent surtout en amphithéâtre où elles discutent avant et après le cours.

Un après-midi alors qu’elle finalisait un commentaire de texte à la bibliothèque, elle s’arrêta et regarda par la fenêtre, qui offre une vue magnifique sur l’extérieur de la fac. Elle se mit à penser à tout et à rien. Elle n’entendait plus rien autour d’elle, tout semblait s’être stoppé. Mais son sérieux légendaire la rattrapa et elle décida de se remettre au travail.

C’est à ce moment qu’elle sentit une présence à côté d’elle. A sa droite, quelqu’un s’était assis là sans qu’elle ne s’en aperçoive. Elle tourna la tête par simple curiosité et l’autre individu se tourna lui aussi. Elle tomba nez à nez avec Arsène. Un frisson traversa le corps d’Angélique, qui tourna la tête. Elle ne s’avait pas si c’était l’effet de surprise mais en tout cas, c’était la première fois que quelqu’un l’intimidait autant. Le jeune homme lui, ne détourna pas ses yeux et se mit à parler.

«  Eh t’es dans mon groupe toi non?  C’est toi qui est tout le temps assise devant.»

  • Je pense bien, je me disais bien que ton visage me parlait.

( Je sais très bien que tu es dans mon groupe, mais je fais genre ! Je ne sais même pas pourquoi je mens.) Pensa-t-elle dans sa tête

  • Sinon ça va ?
  • Oui ça va et toi ?
  • Oui ça va! Tu es en train de faire le commentaire de texte ?
  • Ah bah ça tombe bien, c’est ça que j’allais commencer à faire ! Je voudrais que tu me passes ton devoir, pour que je puisse m’en inspirer.

Dans la tête de notre jeune beauté, l’effet de  surprise laissa place à une certaine colère. (Mais quel culot de me demander ça à notre première conversation, et en plus j’ai l’impression qu’il parle sans réfléchir alors que moi je me creuse la tête comme une tarée !)

  • Euh je termine et ensuite, je te le passe. Lui répondit-elle.

Le portable du jeune homme vibra et il le regarda et dit :

  • Bon je dois aller rejoindre mes potes, j’suis sur les tables à côté de la sortie, je serai là jusqu’à la fermeture. Tu pourras me passer le devoir là- bas.

Il s’en alla et elle resta là à ruminer sur sa chaise.

(Mais attend c’est à moi de me déplacer pour lui donner le devoir ? Pour qui il se prend ? Ça ne me ressemble pas d’accepter qu’on me parle comme ça ! Pourtant, il ne me fait absolument pas peur. Il y’a autre chose qui me bloque. Quoi qu’il en soit il faut  que je le remette à sa place ce petit con !)

 

En sortant, elle passe devant la fameuse table, s’approche de lui et lui dit :

« Tiens, tu me le rends demain à la première heure hein ? »

  • Ouais, t’inquiètes pas. Comme j’étais absent au dernier TD, m’inspirer du devoir de quelqu’un de sérieux, c’est une bonne chose.

Il lui fait un sourire poli, qu’elle lui rend par un autre sourire et elle s’en va.

Mais sur le chemin, elle se dit (Pourquoi je ne l’ai pas insulté ce sale con ?). Elle fait donc demi-tour pour aller lui remettre les idées en place, cette fois-ci la détermination se voit sur son visage et d’un ton énervé elle dit.

« Eh tu trouves ça normal, que j’accepte de te passer mon devoir à toi que je ne connais même pas, et qu’en plus ce soit moi qui doive me déplacer pour venir te le donner ? »

  • Cette table est à un endroit où tu es obligé de passer pour sortir de la bibliothèque, donc tu ne te déplaces pas pour moi ! En tout cas c’est comme ça que je voyais les choses.

Angélique dans sa tête (Ah, il n’a pas tort ce con)

  • Même si c’est sur mon chemin ! Ca ne te dérange pas de ne pas te déplacer pour une fille qui va te rendre un service qui peut la mettre en danger, alors qu’elle ne te connait même pas ? Symboliquement parlant c’est très irrespectueux !

 

  • Vu sur cet angle là c’est vrai que c’est un peu bizarre. Désolé !

 

(Ah il est trop mignon quand il s’excuse ! Même s’il  le fait de manière un peu désinvolte.)

  • Bon ça ira pour cette fois-ci je te le laisse.

Elle s’en alla et sur le chemin, devant la bibliothèque, elle tombe sur Kim qui est en train de parler avec une autre fille. Lorsque la blonde voit son amie arriver, elle met brutalement fin à la conversation et se jette dans les bras de sa copine. Celle-ci trouve cette attitude très déplacée.

(Pourquoi elle la jette comme ça ? Cette Kimberley je la trouve de plus en plus bizarre !)

  • Ça va ? Dit Kim
  • Oui ça va. C’est qui la fille avec toi ?
  • Oh elle, c’est une meuf de ma ville, je ne savais pas qu’elle était dans cette université elle aussi.
  • Tu ne me la présentes pas ?
  • Laisse c’est une vieille meuf, c’est pas ma pote. La dernière fois que je l’ai croisée, moi et une de mes potes, on l’a taillée tellement fort ! C’était trop marrant. Si tu étais là, tu allais mourir de rire.
  • Ah d’accord, d’accord mais moi, je vais y aller. J’ai rendez-vous avec mon copain, ça fait une semaine et demi qu’on ne s’est pas vus. Et on ne s’appelle presque plus, je ne voudrai pas arriver en retard.
  • Ouais je comprends, bon bah à tout à l’heure, je retourne parler avec l’autre créature.

 

Quelques minutes plus tard Kimberley entre à son tour à la bibliothèque où elle tombe sur la table d’Arsène. Il est entrain de rire avec la seule fille qui fait partie de son groupe d’amis. Une immense colère s’empare alors d’elle.

(Si les autres meufs de la ville savent ça, que je suis dans la même fac que lui et qu’on peut se retrouver seuls à la bibliothèque lui et moi. Mais que malgré toute ces portes, je n’arrive pas à attirer son attention et que c’est une blondasse, garçon manquée qui a réussi, c’est la honte à tout jamais. Ça veut dire que je ne serai jamais une boss. En plus, il y’a plusieurs meufs qui parlent de lui dans la fac. Si je sors avec lui c’est la couronne qui se pose sur ma tête. Oh non je ne peux pas laisser cette pute me prendre ce noir et tout ce qui va avec !)

Elle resta jusqu’à la fermeture  mais ne termina pas son devoir comme elle avait prévu de le faire. Ce qui la frustra terriblement, elle était très énervée en sortant, c’est alors qu’elle tomba encore une fois sur la bande du fameux jeune homme. Mais elle ne voyait même pas les deux autres garçons qui étaient là. Elle ne voyait pas quatre personnes mais seulement lui et elle.  Alors qu’à ce moment-là, Arsène était en train de parler avec un des garçons, et la fille avec l’autre.

Elle alla dans les toilettes et se mit face au miroir.

(Putain je suis moche aujourd’hui ! Pourquoi j’ai une tête comme ça ? C’est pour ça qu’il préfère cette fausse blonde ! Avec sa couleur du marché là, berk ! Attends, calme toi et penses a quelque chose de drôle. C’est parce que tu es énervée que tu es moche. Penses à la tête que va faire cette connasse quand j’aurai foiré sa vie. Ah voilà je suis déjà plus belle, je dirai même que je suis un humanoïde).

 

Chapitre 11 : L’opportunité

 

 

Dans le métro pour rentrer, elle réfléchit.

(Bon comment je vais faire pour la griller celle-là ? Cette fille attaque très fort, si je la laisse faire encore une semaine, il sera à elle. J’oubliais, il n’y a pas longtemps, j’ai affiché Kahina, si une fille de ma fac se fait afficher, Claire va me griller. Non, il faut une autre stratégie !)

Soudain quelqu’un vient s’asseoir en face d’elle et lui dit : «  Excuse-moi, on se connaît tu n’es pas dans mon groupe ?»

  • Oui ? Je crois bien. Je reconnais ton visage.

Une conversation commença entre ce jeune homme un peu maniéré et Kim. Au début la discussion était basée sur le droit, puis la discussion a dérivé sur les professeurs. Il lui a confié que « certains chargés de travaux dirigés avaient pour habitude d’avoir leurs petites préférées au sein de la fac. Il lui a même raconté une rumeur qui courait sur l’un d’entre eux et sur des relations sexuelles qu’il aurait déjà eu avec des étudiantes. »

Ces révélations intéressaient et amusaient notre jeune commère. Mais ce qui la rendait encore plus heureuse, c’est d’avoir rencontré ce jeune homme, qui de toute évidence n’avait pas sa langue dans sa poche. Elle lui dit alors :

«  Eh mais les élèves aussi sont dangereux. J’ai des amis dans le 92 qui m’ont parlé d’une fille qui est de notre fac, en première année de droit. C’est une blonde qui s’habille comme un garçon, ils m’ont dit que c’est une grosse salope. Qu’elle fait des partouzes, et qu’elle va dans des clubs échangistes. Et que son style de garçon manqué n’est qu’une arnaque, un masque pour cacher le fait que c’est une nympho. »

  • C’est qui ? C’est qui ?
  • Une blonde, je viens de te le dire !
  • Oui mais comment elle s’appelle ? Je veux son nom !
  • Alors, je ne peux pas te répondre, j’ai oublié de leur demander. Mais il faudra qu’on cherche !
  • Oui, il faut que je la trouve.

Elle jubilait de l’intérieur

(Une vraie commère reconnait toujours une vraie commère ! La meuf qui traine avec Arsène est le seul garçon manqué avec les cheveux blonds à être en première année de droit. Ce mec, c’est le plus grand bavard du monde, il va répéter ce que j’ai dit et si ça remonte jusqu’à moi je dirai que je n’ai pas dit de nom. Et c’est lui qui portera le chapeau. )

 

Chapitre 12 : Remise en question

 

Quant à Angélique, après avoir passé un moment dehors avec son copain, ils rentrèrent chez Nathan, car il n’y avait personne chez lui. Il se lançait dans la préparation du cocktail préféré de sa belle. La lumière du salon mettait son visage en valeur. Notre jeune femme l’observait et était éblouie par la beauté de son petit ami. Elle se jeta sur lui et l’embrassa, ce qui dura un certain temps. Ils se mirent à boire et puis notre jeune fille sentit rapidement l’ennui quand il recommença à parler, et elle profita du fait qu’elle avait consommé de l’alcool pour commencer à le taquiner :

  • Alors comment tu vas ma brioche ?
  • Ma brioche ? Pourquoi une brioche ?
  • Tu es mou et sucré comme une brioche !
  • C’est les deux petits verres que tu as bus qui te mettent dans cet état ?
  • Et alors, je n’ai pas le droit d’être bourré avec deux verres ?
  • Non mais…
  • Chut, je rentre chez moi salope !
  • Quoi tu rigoles là j’espère ?
  • Non je ne me sens pas bien et j’ai des devoirs à terminer !
  • Ça fait deux jours qu’on s’était mis d’accord pour qu’aujourd’hui tu dormes chez moi !
  • Je te dis que je ne peux pas !
  • Donne-moi la vraie raison !
  • J’ai pas envie de dormir ici ! Voilà la vraie raison. T’es content ?
  • Tu veux qu’on aille où, à l’hôtel ?
  • Je veux rentrer chez moi ! Ou alors j’ai besoin de l’autorisation de Monsieur mon mari ?

Elle s’en alla en claquant la porte et en  ruminant :

(J’y ai peut-être été un peu fort sur ce coup! J’aurai dû lui expliquer que je traverse une période de doute dans notre couple).

Puis elle se reprend et dit (Non j’m’en fous, si je veux faire quelque chose, je le fais ! Je suis une femme libre !)

 

Elle décida de ne plus répondre aux appels de son petit copain qui durèrent toute la nuit.

Le lendemain matin  par chance il y’avait un sublime soleil et la température dépassait les 15 degrés. Ayant une heure de trou, elle décida d’aller s’asseoir dans la cour de la fac avec un verre de café pour lire. Elle pensait à sa dispute et à la manière dont elle avait faussé compagnie à Nathan la veille. Aucun remords, elle y pensait comme on peut revivre une dispute à laquelle on a assisté sans  y participer.

Et puis, elle se mit à penser à son futur. Elle s’imaginait procureure et à la belle maison qu’elle aurait. Elle imaginait son jardin, ses enfants et puis ferma les yeux et mit ses lunettes de soleil pour mieux visualiser son rêve. Puis elle sentit quelqu’un arriver par derrière, lui tirer le bras, la plaquer contre le mur, écarter ses mains et lui mordre le cou. C’était son mari, elle le savait et au moment il la retourne brutalement, c’est le visage d’Arsène qu’elle voit.

C’est à ce moment-là, qu’elle entend une voix dire «  Ca fait du bien de bronzer ? »

Elle ouvrit les yeux et vit une fille dont le visage lui paraissait familier.

  • Toi, je te connais tu es …
  • Je suis ?

Un silence.

La jeune fille répond

  • Je suis Carine l’amie de Kimberley ! On s’est croisé hier devant la bibliothèque.
  • Ah oui excuse-moi ! Je n’arrivais pas à me concentrer. J’étais plongée dans mes pensées, tu sais les problèmes de fille. On en a tous hein ?

La jeune fille sourit légèrement et dit :

  • Tu n’es pas avec elle ?
  • Heu non, sans vouloir être méchante je pense que ça se voit. Dit-Angélique en riant
  • Oui c’est vrai, moi aussi, je suis parfois un peu tête en l’air. Je lui ai passé un livre d’anglais que j’avais emprunté et elle était censée me le rendre aujourd’hui.

Angélique décida d’appeler sa camarade pour lui rappeler son engagement envers Carine. Celle-ci  répondit « qu’elle ne viendrait pas en cours aujourd’hui, mais qu’elle passerait chez l’autre créature le soir».

Notre jeune parisienne fut attendrie par cette rencontre.

(Cette fille est super gentille et un peu naïve si elle a vraiment cru que l’autre peste de sa ville va passer chez elle. Mais est-elle vraiment aussi naïve que ça ? Elle m’a ignoré quand j’ai parlé de problème de fille. Je pense que ça doit être le style de fille pudique qui évite tout le temps les problèmes et les ragots. Et dire que cette conasse de Kimberley se fout de sa gueule. C’est vraiment dégueulasse, entre femmes on devrait se soutenir et non se rabaisser. Celle-là, il va vraiment falloir que quelqu’un la mette à sa place !)

Chapitre 13 : Les résultats

 

 

Une semaine plus tard, notre belle brune est très irritée car le programme est de plus en plus rude et son petit ami refuse de la laisser respirer. De plus cela fait quelques jours qu’elle n’a pas vu Arsène qui ne pointe jamais le bout de son nez dans les cours d’amphithéâtre. Et qui se permet même de sécher les TD. Mais comme on est en TD de droit Constitutionnel, elle savait qu’il devait venir, car il avait déjà eu une absence.

Elle regardait les escaliers avec attention pour le voir monter ces marches, et pouvoir contempler sa démarche, sa manière de se dandiner légèrement de gauche à droite d’un pas ferme. Sa main gauche qui était tout le temps dans sa poche pendant que la main droite se dandinait de haut en bas. Mais le jeune homme n’arrivait pas, le cours allait bientôt commencer, donc elle alla s’asseoir. Le professeur rentra et le garçon arriva en même temps que lui. Il n’y avait plus de place à côté de ses amis, il ne restait que trois places et la plus proche était à côté d’Angélique. Il s’y assit sans hésiter et d’une manière froide, ne jeta pas un regard à la belle brune.

Celle-ci sculptait discrètement chacun de ses faits et gestes, elle était très énervée qu’il ne lui dise même pas bonjour, malgré le service qu’elle lui a rendu. Et puis le cours commença, le professeur dit «  J’ai corrigé vos copies, les résultats s’améliorent par rapport au premier devoir, mais ça reste toujours trop juste, il n’y a que sept élèves qui ont obtenu la moyenne ! Il y’a beaucoup de neuf sur vingt et ceux qui ont en dessous, il va vraiment falloir travailler.

Il se mit à rendre les copies. Au moment où il donna sa copie à Angélique, elle garda son calme et eu un petit sourire, elle avait eu onze sur vingt, ce n’était pas la meilleure note mais c’était très encourageant. Quand ce fut le tour de son voisin de table le professeur fut beaucoup moins souriant. Il avait écrit sur sa copie le commentaire « Votre devoir n’est pas complet, vous ne respectez pas la méthodologie et les connaissances sont à revoir ». Ils regardèrent sa note, il avait eu quatre sur vingt.

Notre jeune étudiante était à la fois déçue et contente, car elle pensait que ça rabattrait un peu le caquet de ce narcissique. Mais le professeur revint vers lui et dit «  Ah. C’était la copie de la semaine dernière vous n’étiez pas là. Voici la copie de cette semaine. Félicitations quelle progression !  Vous avez Quinze, la meilleure note.»

Sa voisine était stupéfaite, la copie avait dépassé l’original.

Elle le regarda pendant un long moment. Il ne semblait absolument pas touché, aucune expression particulière sur son visage. Etait-ce de la dignité ou de la frime ? Peut-être qu’il s’en foutait vraiment ? C’était difficile à comprendre.

D’un coup il tourna la tête vers elle et la regarda de haut en bas d’une manière indécente, puis il la fixa dans les yeux. Son regard était brûlant, il ne cherchait même pas à cacher son désir. La température  montait, elle pensait : (Il me drague là ? Je rêve ou il est complètement fou, mes jambes sont entrain de trembler, c’est terriblement gênant ! Pourtant je ne veux pas que ça s’arrête !  Mais si je veux que ça s’arrête ! Oh lala je suis en train de faire un débat dans ma tête au lieu de lui dire quelque chose. Allez parles !)

«  Qu’est-ce-que tu regardes ?

Il lui sourit et réponds :

«  Je t’ai battu sur ton propre terrain. » d’un air faussement heureux.

(Mais il ne respecte rien !) Pensa-t-elle.

Une énorme colère envahit alors le cœur de la jeune fille qui lui rétorque :

«  Je te rappelle que sans moi tu te serais encore tapé un quatre sur vingt Einstein !

  • C’est vrai tu m’as aidé, c’est pour ça que je te dois un bisou sur la joue !

(Hein ? Il est capable de passer du froid au chaud en une seconde, l’air de rien. )

  • Je ne fais pas de bisou aux gens que je ne connais pas et un remerciement oral me suffit, on n’a pas besoin de se mettre tout nu non plus.
  • Vous les meufs, même quand vous voulez dire oui, vous dites non.
  • Je pense que t’as regardé trop de film porno ! Dans la vraie vie quand une femme dit non c’est qu’elle n’a pas envie !
  • D’accord Jeanne D’arc.
  • Simone de Beauvoir, Jeanne d’arc, toujours les mêmes noms sortis avec ironie dès qu’une féministe ouvre la bouche. On a le droit de défendre les femmes sans être une légende. Des millions de petites mains peuvent changer autant de choses si ce n’est, plus que deux mains géantes. Je ne me prends pas pour une légende, ni même pour un leader. Mais j’apporte ma contribution à mon niveau.
  • Celui qui a besoin de rappeler son apport dans un groupe ou un mouvement prouve en fait en faisant ça qu’il est totalement inutile.

Le professeur arriva alors et fit signe aux deux étudiants de se taire. Tous leurs camarades les regardaient avec curiosité, tant leur discussion semblait intense, cela pouvait se voir sur le visage d’Angélique.

Chapitre 14 : Le mâle dominant

 

A la fin, l’étudiante se dirigeait vers la sortie avec une camarade quand elle tomba sur un groupe de jeunes qui s’amusaient à voler devant l’université. Ils regardaient une fille et trois d’entre eux s’approchèrent d’elle. Angélique assiste à la scène, elle sort alors son portable pour appeler la police lorsqu’elle voit Arsène s’approcher de la jeune fille et lui donne un labello, sans doute qu’elle l’avait fait tomber.

Les jeunes  se regardèrent entre eux, leurs pas semblaient plus hésitants. Ils regardèrent Arsène de la tête aux pieds. Celui-ci tourna la tête vers eux les regarda d’une manière neutre, puis tourna la tête et regarda d’autres personnes. Pourtant les jeunes semblaient terrorisés, ils s’en allèrent. Le jeune homme continua à parler avec la jeune fille.

Tout ça ne faisait que confirmer ce qu’Angélique pensait de lui.

(Ce mec est vraiment bizarre, ils l’ont senti eux-aussi.)

Le héros malgré lui se dirigea vers Angélique en souriant et lui chuchota a l’oreille « Alors ; Jeanne d’arc pourquoi t’as pas sorti ton épée ? Simone, la théorie est-elle toujours dépassée par la réalité ? » Puis il s’en alla.

 

Chapitre 15 : Tension en dents de scie

 

 

Le lendemain devant l’amphithéâtre la rumeur avait déjà fait le tour des « première année. » La jolie blonde avait réussi sa mission et tout le monde ne parlait que de ça.

Pendant que ses amis parlaient de cette histoire, Arsène restait silencieux, il semblait ne pas être intéressé par ces bavardages. Il ne faisait pas le moindre commentaire, il semblait être au-dessus de tout ça. Et tout à coup son regard croisa celui de Kimberley. Comme à son habitude, elle baissa les yeux lorsqu’elle se rendit compte de ce qui se passait. Elle qui était dans une discussion avec une amie s’arrêta de parler. Et lorsqu’elle releva la tête, il était toujours en train de la fixer.

Elle commençait vraiment à être angoissée, se mit à bouger pensant ainsi dissimuler son malaise. Elle faisait semblant d’avoir froid, s’agrippait à sa veste, et claquait des dents. Lorsqu’elle leva la tête encore une fois, il la regardait encore, c’était effrayant. Un doute quant à l’efficacité de son plan s’introduisit alors dans sa tête.

(Ce n’est pas possible, il m’a découverte ou quoi ? Il ne m’a jamais regardée comme ça ! Comme par hasard c’est quand tout le monde est en train de parler de ça qu’il me regarde avec ses yeux de tigre là ! (Est-ce que l’autre grande bouche que j’ai rencontré dans le métro m’a balancé ?)

 

Puis Angélique arriva avec une autre fille et firent la bise à Kimberley. La brune se mit sur le côté et continua sa conversation avec celle qui l’accompagnait. Ce comportement n’échappa pas à Kim qui était déjà très angoissée et ne résista pas à la colère en disant :

  • Et moi je pue ou quoi ?
  • Pourquoi tu dis ça ?
  • Je sais pas, je trouve que tu fais de plus en plus la meuf !
  • Expliques !
  • C’est à toi d’expliquer. Tu arrives, tu nous dis à peine bonjour et tu vas parler dans ton coin.
  • J’ai besoin de ton autorisation pour parler dans mon coin ?
  • Oh baisse d’un ton la thug de Monaco ! Si tu veux faire la diva fais-le, mais sache que moi Kimber, je ne cours après personne ! Puis elle s’en alla.
  • Ok comme tu veux ! J’te demande pas de me courir après loin de là !

Le moment de rentrer dans l’amphi est arrivé. Kimberley, à peine assise voit arriver Arsène. Et à sa grande surprise il s’assoit juste derrière elle. Il a donc une vue parfaite sur elle et ce qu’elle fait. Elle recommence à paniquer.

(Mais pourquoi il s’est mis là ? En fait il me regardait parce qu’il m’aime ! Aaah tu m’aimes trop, je suis un humanoïde avoue-le. Haan, ou alors c’est juste pour me surveiller, me mettre la pression, c’est pour ça qu’il est là ! Il veut savoir si c’est vraiment moi qui ai lancé cette rumeur. Putain, j’arrive plus à bouger ! Comment vais-je faire pour sortir mon ordinateur portable de mon sac ? Putain mes mains tremblent, j’ai l’air grave conne !)

C’est à ce moment qu’Angélique elle aussi arriva, s’approcha d’Arsène, eut même le culot de s’asseoir à côté de lui et elle dit en souriant, d’une manière assez forte pour que Kimberley entende :

« Eh. On n’a pas fini notre petite discussion la dernière fois.»

Le garçon se mit à rire et répondit :

« La vie t’a prouvé que j’avais raison.  »

La blonde était furieuse. Elle n’en revenait pas de l’affront que son ancienne nouvelle amie était en train de lui faire. Elle venait juste de comprendre pourquoi son amie était devenue si froide, elle aussi avait succombé à son charme. La guerre est déclarée.

La tension était palpable. Chacune observait les gestes de l’autre, du coin de l’œil. C’est alors qu’elle vit arriver Carine. Elles se demandèrent ce qu’elle faisait là, elle montait les escaliers avec une certaine assurance, elle avait un ordinateur portable entre les mains. Elle se dirigea vers le trio et dit à Arsène : «  C’est bon, papa te l’a réparé. » Elle le regarda avec des yeux lumineux. Puis elle regarda les deux autres d’une manière menaçante, puis s’en alla rapidement avant que le cours ne commence.

Les deux autres filles ne comprenaient rien à la situation. Angélique demanda alors  «  Ah tu connais Carine toi ? »

  • Ouais, c’est ma fiancée.